Dans la suite de notre session de formation, un thème sur l’Interculturalité nous est proposé par sr Micheline Kahindo, Mawazo, Oa. Elle a invité les participants à découvrir comment la diversité culturelle peut devenir une véritable richesse pour la vie religieuse et la mission surtout lorsqu’elle est abordée dès la formation initiale.
Face aux changements culturels actuels les congrégations religieuses sont aujourd’hui de plus en plus internationales et les jeunes en formation viennent de pays, de langues, de traditions et de cultures différentes. Cette diversité constitue un don de Dieu, mais elle demande aussi un apprentissage afin que les différences deviennent une source d’enrichissement plutôt qu’un motif de division. Comme le souhaitait le Père Emmanuel d’Alzon : « Mes filles, vous irez au-delà des mers », la vocation assomptionniste conduit naturellement à dépasser les frontières géographiques, culturelles et linguistiques pour annoncer le Royaume de Dieu.
Ce partage d’expérience nous a permis entant que formatrice, de mieux comprendre ce qu’est la culture. Celle-ci ne se limite pas aux éléments visibles comme la langue, les vêtements ou la nourriture. Elle comprend aussi des réalités plus profondes : les valeurs, les croyances, la manière de communiquer, de vivre l’autorité, de gérer le temps ou de résoudre les conflits. À travers l’image de l’iceberg culturel, que nous a proposé l’animatrice, nous avons découvert que la plus grande partie d’une culture est invisible et qu’elle influence profondément les comportements quotidiens. Cette prise de conscience aide à éviter les jugements rapides et favorise une meilleure compréhension des autres.
La notion d’interculturalité, nous est présentée comme une rencontre authentique entre personnes de cultures différentes. Plus qu’une simple coexistence, elle suppose le dialogue, l’écoute, le respect mutuel et la volonté de se laisser transformer par la rencontre avec l’autre. Dans une communauté religieuse, l’interculturalité signifie que chacune apporte les richesses de sa culture dans la Communauté, tout en se laissant unir par un même charisme et une même mission. Elle ne demande pas d’abandonner son identité, mais de l’ouvrir aux autres afin de construire une véritable fraternité.
Quelques attitudes essentielles pour vivre harmonieusement dans une communauté interculturelle : apprendre à mieux se connaître, respecter les différences, développer une communication ouverte, faire preuve d’empathie, de patience et de flexibilité, et savoir résoudre les conflits par le dialogue. Nous avons été encouragées à dépasser les stéréotypes, les préjugés et toute forme d’ethnocentrisme, afin de reconnaître que chaque culture reflète une facette de la richesse de Dieu.
Une attention particulière a été accordée au choc culturel, expérience fréquente dans la vie missionnaire et communautaire que chacune peut expérimenter à sa manière. Il est fait parfois de fascination, puis de l’anxiété, le rejet ou le repli, et l’adaptation en dernier ressort. Les moyens de la traverser sereinement sont : apprendre la langue locale, développer des relations fraternelles, rester ouvert aux différences et considérer chaque expérience comme une occasion de croissance humaine et spirituelle.
Les échanges, les travaux de groupe et les témoignages ont permis à chacune de mieux comprendre les réalités interculturelles auxquelles nous sommes confrontées tout au long de notre vie religieuse et missionnaire. La diversité culturelle, lorsqu’elle est vécue dans l’esprit de l’Évangile reste une force pour la communion fraternelle et un témoignage vivant de l’universalité de l’Église, dans un monde en mutation.
