Chères sœurs,

Au terme de ce Conseil de congrégation, monte en mon cœur un chant d’action de grâce : « comment rendrais-je au Seigneur tout le bien qu’il m’a fait ? » (Ps 115, 12). En effet, comment ne pas rendre grâce au Seigneur qui nous a permis d’aller jusqu’au bout de ce Conseil avec courage, sérieux et persévérance ? Nous le remercions pour sa présence, pour son Esprit Saint… C’est lui qui nous a permis de vivre ces 15 jours dans la paix, le calme, le partage respectueux et solidaire de nos réalités et de nos points de vue. Il a été un bon Pasteur pour nous chaque jour et nous avons reconnu sa voix. Il nous a guidées et accompagnées avec tendresse et miséricorde.

« A vin nouveau, outres neuves » (Mc 2, 22) … Tel était le thème de ce Conseil de Congrégation. Quel vin nouveau avons-nous goûté durant ces assises ? Personnellement, je dirais : le bon vin des appels du Chapitre général 2023, qui continue à se répandre… Que de pas faits dans la formation, la Fraternité d’Alzon, les engagements JPIC, que ce soit dans les (vice-)Provinces ou la Congrégation ! Combien le désir de mettre le Christ au centre est présent ! Combien nous constatons que nous voulons incarner et transmettre le charisme là où nous sommes ! Certes, certaines communautés ferment… Mais d’autres s’ouvrent… La vie est mouvement et changement… Le souffle imprévisible de l’Esprit nous pousse. Je goûte aussi le bon vin de la mobilité missionnaire à travers la recherche de sœurs disponibles pour répondre à l’appel de telle ou telle (vice-)Province. Je déguste le bon vin de la solidarité et du partage à travers les décisions et les orientations économiques prises en vue d’assurer la vitalité et l’avenir de notre institut.

Quelles « outres neuves » avons-nous repérées ? Chacune pourra répondre pour elle-même. Pour ma part, je note la décision de la création d’une commission internationale pour traiter la question de la protection des mineurs et des personnes vulnérables face aux abus, une problématique si grave que nous ne pouvons pas l’ignorer. Je note aussi l’effort consenti pour continuer à écrire notre histoire, à travers la rédaction de « monographies » par pays, car nous devons savoir d’où nous venons pour savoir où nous allons. Je constate aussi la prise de conscience de la nécessité de répondre à la problématique des cotisations « maladie » et « vieillesse » dans certaines zones géographiques.

En ce dimanche du Bon Pasteur, dimanche de prière pour les vocations, le Pape nous a adressés un beau message. Je vous en livre un court extrait, sur le thème de la Vigne et des sarments. Car pour avoir un bon vin, il faut une bonne vigne…

« La vocation (…) n’est pas un objectif statique, mais un processus dynamique de maturation, favorisé par l’intimité avec le Seigneur : rester avec Jésus, laisser agir l’Esprit Saint dans nos cœurs et dans les situations de la vie, et tout relire à la lumière du don reçu, tout cela signifie grandir dans la vocation.

Comme la vigne et les sarments (cf. Jn 15, 1-8), toute notre existence doit s’établir dans un lien fort et essentiel avec le Seigneur, afin de devenir une réponse toujours plus pleine à son appel, à travers les épreuves et les coupes nécessaires. Les “lieux” où se manifeste le plus la volonté de Dieu et où l’on fait l’expérience de son amour infini sont souvent les liens authentiques et fraternels que nous sommes capables d’établir au cours de notre vie. Comme il est précieux d’avoir un guide spirituel sûr qui accompagne la découverte et le développement de notre vocation ! Combien sont importants le discernement et la vérification à la lumière du Saint-Esprit, afin qu’une vocation puisse se réaliser dans toute sa beauté. »

Je crois que notre Conseil de Congrégation a renforcé notre désir d’être enracinées dans l’amour du Seigneur et de travailler à sa Vigne en accomplissant avec amour la mission qui nous a été confiée. Il a aussi renforcé notre lien fraternel et notre connaissance mutuelle, ce qui nous permet de nous porter les unes les autres dans la prière et de saisir la vitalité qui anime le corps constitué par notre Congrégation.

Chères sœurs, je ne peux vous quitter sans exprimer un certain nombre de remerciements Ô combien mérités. Je remercie en premier lieu la Curie générale qui a donné le maximum pour que tout se déroule au mieux : chacune s’est beaucoup investie et a bien rempli son rôle ! De plus, je remercie vivement chacune d’entre vous pour sa participation active, sa ponctualité, son engagement, son travail. Prenez un petit temps de répit avant de vous replonger dans les dossiers (vice-) provinciaux, si possible ! Je vous remercie aussi pour la mission que vous menez au quotidien, car je sais que vous portez des fardeaux parfois lourds. Que le Bon Berger puisse vous porter sur ses épaules ! Je remercie tout particulièrement notre traductrice pour le coréen, Marie-Clara, qui mérite elle aussi un bon temps de repos ! Enfin, je remercie sœurs Denise et Antoinette, de la Province d’Afrique de l’Est, qui ont remplacé sr Sirimwenge pour l’un ou l’autre jour du Conseil, pour raison de funérailles. Nous portons notre sœur absente dans la prière.

Encore une fois, merci à toutes. Je vous assure de ma prière. Merci de prier pour moi !

Paris, 26 avril 2026

Sr Zoé VANDERMERSCH, Supérieure générale

Image : Internet

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