Le 16 juillet 2025, les Sœurs Oblates de l’Assomption de Roumanie ont commencé leur session et leur pèlerinage en mission en Orient, à l’occasion du 100 ème anniversaire de l’arrivée des premières Sœurs Oblates en Roumanie.
Des Sœurs, des Frères et des laïcs de plusieurs pays y ont participé : Brésil, Burkina Faso, Bulgarie, Congo, Chine, Corée, Italie, France, Vietnam, Ouganda, Nigéria, Rwanda et Roumanie.
La session a débuté par un exposé sur le contexte sociopolitique, culturel et religieux des années 1925, présenté par le professeur Liviu Damian.
Le Père Lucian Dîncă a ensuite retracé la vie du Père Bernad Ștefan, prêtre augustin assomptionniste AA, découverte dans les archives de la sécurité.
La journée s’est poursuivie sur la vie de nos sœurs, de la fondation à la chute du communisme, présentée par Sœur Bernadetta Zediu. Sœur Felicia a ensuite fait un exposé sur la vie actuelle des communautés en Roumanie. Nous avons apprécié la présence de Mgr Ioan Robu, catholique romain, et de Mgr Mihai Frațllă, gréco-catholique.
Mgr Ioan Robu a rencontré les sœurs qui vivaient clandestinement à Bucarest et a été impressionné par leur témoignage de vie simple, discrète et joyeuse. Il nous a invitées à « toujours être sereines, car la sérénité est porteuse de fruits pour nous et pour ceux qui nous entourent ».
Le livre « L’ESPOIR CONTRE TOUT ESPOIR » a ensuite été présenté en roumain et en français, après avoir été publié en anglais. Il aborde le témoignage de foi et de fidélité de Sœur Alexandrina Bora (1914-2008).
Les aspects suivants sont également mis en avant :
– La manière de vivre la vocation d’Oblate de l’Assomption pendant la persécution communiste ;
– Le moment de l’arrestation ;
– L’expérience de la détention en prison.
L’image de la couverture s’inspire d’une expérience vécue par Sœur Alexandrina et les autres détenues.
Nous remercions Dieu pour le témoignage empreint de foi de notre Sœur Alexandrina Bora !
Le soir, une rencontre fraternelle et internationale a eu lieu, riche en souvenirs et témoignages sur nos sœurs.
Parmi les visites privilégiées le 17 juillet, figurait le monastère orthodoxe de Căldărușani, où les évêques gréco-catholiques martyrs ont été emprisonnés.
Sœur Alexandrina Bora, courageuse et pleine de foi, s’est rendue en civil pour leur rendre visite et a réussi à leur apporter des lettres du nonce apostolique, ainsi que celles des évêques à leurs familles, aidée par l’abbé du monastère et une religieuse orthodoxe.
Elle raconte dans son livre « Espérer contre toute espérance » sa dernière visite au monastère de Căldărușani. Comment, inspirée par Dieu, elle a décidé de ne pas passer la nuit au monastère et de partir malgré une pluie battante. Une heure après son départ, une fouille minutieuse a eu lieu dans la prison…
Nous sommes partis pour le monastère de Ciofliceni où les pères Lucian AA, George AA et Pavel ont concélébré la liturgie, après quoi nous avons déjeuné. Nous nous sommes dirigés vers le cimetière de Belu où nous avons prié sur les tombes de nos sœurs qui nous ont précédées et nous ont édifiées par leur exemple.
Nous sommes passés devant l’hôpital de Panduri, où une grande partie des sœurs ont œuvré avec dévouement au service des malades toute leur vie, appréciées et respectées par le professeur Th. Burghelea. Le régime communiste ne voyait pas d’un bon œil la mission des sœurs à l’hôpital, mais le professeur Th. Burghelea, chirurgien très renommé , a déclaré : « Si les sœurs partent, je partirai aussi. »
Nous avons ensuite visité la cathédrale gréco-catholique Saint-Basile et la cathédrale catholique romaine Saint-Joseph.
Le 18 juillet, nous avons traversé tout le pays pour atteindre Sighetul Marmației, où nous avons eu l’occasion de contempler la création divine, poursuivant ainsi notre pèlerinage de foi. À midi, les pères Iosif Gal AA, George Hang AA et Pavel ont célébré la liturgie en plein air.
Le 19 juillet, nous avons visité le « Mémorial de la Douleur » à Sighetul Marmației, où nous avons découvert la souffrance des martyrs. Parmi les photos de ceux qui ont subi l’emprisonnement, nous avons découvert celle de sœur Jozefa Erdeș. Le père Marius Vișovan, notre guide, nous a raconté avec beaucoup d’émotion le martyre enduré par l’Église gréco-catholique, l’Église catholique romaine, l’Église orthodoxe et l’Église protestante. Il a conclu par le martyre subi par son père, qui nous a profondément touchés. Nous avons vu les cellules où les évêques martyrs ont été emprisonnés, où certains d’entre eux sont morts, et la cellule « noire » où ils ont été punis. Nos mots ne peuvent contenir tant de souffrance. Nous avons terminé par une prière dans l’espace spécialement aménagé à cet effet, en chantant « Le Christ est ressuscité » et c’était comme si nous avions ressenti la présence de ces âmes qui sont dans la lumière céleste et qui attendent que leur sacrifice porte des fruits d’espérance et de foi pour le monde d’aujourd’hui.
Nous avons poursuivi notre voyage vers Oradea où, à 18 heures, nous avons participé à la liturgie présidée par Mgr Virgil Bercea, évêque d’Oradea, marquant les 100 ans de présence en Roumanie.
Dans son discours, Son Éminence Virgil a souligné le lien entre la mission des sœurs et l’Évangile du jour (Matthieu 9, 20-38), soulignant que :
« La vocation des Sœurs Oblates de l’Assomption, ici, parmi nous, était d’apporter vie, joie, éducation, dignité et vocation – une chose extraordinaire ! (…) Je peux affirmer sans me tromper que la spiritualité des Sœurs de l’Assomption est une présence vivante et active. Les sœurs sont proches, elles savent écouter, encourager, servir, réconforter et accompagner. Partout où elles sont allées, elles l’ont fait, étant une icône de douceur, de tendresse, de l’amour de Dieu dans le monde d’aujourd’hui. Depuis un siècle, cette présence et ce service féminins, discrets et totalement donnés, nous encouragent et nous disent : « Courage ! La foi sauve ! » et nous conduisent au Ciel. (…) Il y a cent ans, Sa Sainteté Frențiu vous a amenées ici, à Oradea. Que vouliez-vous dire alors et que voulez-vous nous dire aujourd’hui ? Trois choses simples et fondamentales : « Lève-toi ! », « Crois ! », « Courage ! » – va de l’avant, la foi sauve ! »
Pour mieux comprendre l’histoire de la congrégation, les participants ont visionné une vidéo préparée par nous, les Sœurs Oblates de l’Assomption de Roumanie, qui présente notre parcours depuis sa fondation (France, 1865), l’arrivée en Roumanie (1925), l’activité éducative et caritative, les persécutions sous le régime communiste, sa renaissance après 1989 et les missions actuelles.
Aujourd’hui, à Oradea, quatre sœurs de rite latin vivent selon le rite byzantin, adoptant la tradition orientale.
La célébration à Oradea s’est terminée par une agapè communautaire.
Le 20 juillet, nous nous sommes rendues avec émotion dans notre cher Beiuș, lieu de nos débuts en Roumanie.
Je vous joins les articles de l’archiprêtre de Beiuș, Zima Zorel, et de la presse locale, qui relatent avec émotion et gratitude ce que nous avons vécu.
Nous remercions Dieu pour toutes les grâces dont il nous a comblées au cours de ces 100 années de fidélité et de dévouement en Roumanie et nous implorons sa grâce et sa protection pour accomplir sa mission avec confiance.
Sr Agneza (O. A.)












